Quarante-et-un. Nouveau départ, renouveau, de zéro; ils en ont des formules.Toutes aussi immorales, elles témoignent de la pauvre et fébrile vie des hommes qui rêvent de briser les chaînes de leurs propres instincts. Et c'est pourtant ainsi fait: "aller de l'avant". L'allégorie est faible, mais nécessaire. Les hommes, pantères ignorant leur état, ont besoin de ces images d'envie et de victoire pour ignorer encore... Ignorer la fin bénine, la transparance-même, les efforts de mimes que peu à peu ils mènent sans penser pour vivre, porter, faire semblant les maux de la foi qu'ils assument faute d'esprit. En fin avancer, comme si il leur était possible de penser en cessant tout mouvement; ce sont les pantères qui veulent bouger car ce sont elles qui craignent, elles-mêmes, l'infini et l'immobile - elles en ignorent tout,; c'est bien heureux. Mais elles se blaissent; elles se déplaisent elles se heurtent aux fautes émotives d'humains qu'elles n'ont pas anticipées - elles ne le peuvent point - et qui les dégôutent de leur propre nature. Les pantères se doivent vite de recommencer, soit baiser les pieds de l'illusion attirante dite du renouveau. Et y croire elles se devront également, pour convaincre leurs mensonges internes incertains impassibles que la route de la vie de l'humain est semée de fautes et d'erreurs à surmonter; des plaies que l'on ne peut refermer et laisser derrière soi comme un fruit dérobé par pure faim et nullement assumé. La vie n'est pas qu'un instant que l'on chevauche, que l'on croit passer en profondeur dominé par un ennemi invincible bien invaincu - par l'homme - surpassé de bout enfin cette force dont l'objet est ici démasqué - sans forcer - mène à une triste réalité déjà aperçue. La faute, d'humain ou d'auteur doit être douloureuse; la douleur se doit d'être forte, lente, assez longuepour que nous en souffrions tous paisiblement. Cette horrible souffrance, ce mal nauséabond porte un nom: Absolu.
J'en ai voulu. Des renouveaux, des mots nouveaux des temps plaisants et des douces pensées que je ne subisse en rien. J'en ai voulu des nouvelles heures, des jeux des autres qui me surprennent, qui me font penser de mon passé qu'il était inférieur; un avant. L'après n'est pas venu. L'après m'est parvenu, m'a fait danser sans bouger sur ce rythme des silences affreux qui s'offrent à moi tous les jours de ma mort d'auteur. L'après m'a vaincu par mon passé, parce qu'il est là, il n'a pas changé; et si parfois je lui ai donné un nom, parce que je l'ai pensé, je sais, je vois depuis un temps sur moi peser un lourd Absolu jettant quelques pensées mauvaises - douloureuses car vraies qui me baisent - je suis bien capable, décidé à lui accordé une réponse: non. Me ressasser ma forme, mon état de mourrant; me répéter ma fin, mes travaux délirants, me sert je le crois à quitter assez le monde de pantère pour effacer cette simple trace, le matricule de mon nom que je rejette, pour penser... réellement. Pour mon corps, ça ne sera pas toujours plaisant.
- Absence de Renouveau à bord du Quarante-et-un.