Apologie du crime. Le crime est la signature de l'être humain, parce que l'être humain est une pantère. La pantère ne pense qu'à elle, et éventuellement à celle qui lui suce la queue. La pantère baise les plus petites pantères et fait la fière: elle se sent forte, et elle fait la loi. De toute son ère, la pantère n'a cessé de soumettre d'autres pantères. Ainsi nacquis la loi. La loi est l'ensemble généralisé des lois que les hommes ont imposés à d'autres pour vivre mieux - dans le sens: plus d'argent, plus de femmes mais moins d'ennuis, ce qui n'est pas facile. L'homme signe son oeuvre par son vice: son intelligence animale lui offre maintes façons de profiter des effets auxquels il participe, ce qui lui permet en ne faisant rien, ne voulant rien, ne pensant rien et ne sachant rien, de s'occupper. Ce vice, cette cruauté facile nécessaire comprise faisait rage avant les lois, avant la tyrannie de l'imposée justice de la pantère reine proclamée; il n'a pas disparu. L'Homme ne sera plus "qu'homme" mais auteur de crime. Une pantère pleine d'envie et de talent "d'humain" - de haine, de fourberie, d'autres formes de faim - n'a rarement l'humilité de subir le divain - la grande pantère, la haute la forte la putain - et finit bien souvent par attaquer son sein, en se rendant bien l'auteur d'un crime. Le tableau est sans fin, mais par lui aisément j'en viens: "le crime est la signature de l'êtr humain". L'Homme n'est pas élu de l'intelligence animale en vain; ce don du temps, par la main de personne na pas transmis cette haute et puissante pensée, afin de sauver la planète; de préserver trois poissons moches; d'aimer son prochain. L'Homme est criminel, il est cruel il est fin; il est fort il est malin: ne comptons pas sur ces atouts pour espérer aujourd'hui témoigner de la bonté, de la générosité de celui qui n'a pas mis longtemps pour dompter son monde et en relever les trésors. Nous ne sommes pas "Homme" nous sommes "Pantère". Nous sommes les parents des guerre; les tueries, la torture la haine, que nous traitons parce qu'elle nous gêne, tout celà constitue notre Oeuvre. Ce pourquoi nous respirons. Ce pourquoi nous avons vécu; assumons notre nature et cessons de réduire nos talents, nos ambitions à des choses belles douces fades plates niaises. Nous avons oublié l'odeur du sang. Ce sourire lent, cette émotion qu'en notre temps nous ressentions lorsque nous terrassâmes ces bêtes, une fois enfants. Nous faisons le mal, nous le savions, déjà, et ce ne nous arrêta pas, à dix ans. Nous ne pensions pas, mais nous aimions déjà la tendre passion que nous ressentions en menaçant les autres, en se moquant des nôtres pour mieux se sentir, "Homme". La cruauté, la gêne, la force... L'être humain est intelligent; soit, il fallait bien que ça tombe sur quelqu'un. Il parle, il crée, il pense; bien. Il ne faut pas pour autant se féliciter, applaudir cette facilité avec laquelle nous nous comportons. Ce qui fait de nous, de lui de l'Homme, cet être mesquin que nous sommes, ce vilain ce méprisant - ce bonhomme tant en prison - c'est bien sa nature, sa force son art premier: le besoin, le normal, l'humain... le crime.