voilà plusieurs fois que je me retrouve questionner la condition du "comprendre". il est évident que deux êtres de même culture et de même origine arrivent à comprendre un phénomène sensiblement de la même façon lorsqu'ils ont une distance émotionnelle identique par rapport à ce phénomène. seulement, il survient souvent dans le monde de pantères qu'un individu enseigne, selon lui, à un autre qu'il est inapte à comprendre justement une situation parce que cet autre lui est exterieur. on suppose à force de répétition, et par suite par expérience - que l'on ne mesure que déjà convaincu - que ce "comprendre" est relatif à l'émotion, ou plus précisément à la subjectivité du sujet qui se vante de cet effet. étant moi-même un chef-d'orchestre du paraître, véritable scientifique de l'émotion, de ses usages et de ses représentations, je m'éfforce à opposer absolument émotion et raison parce que - trop - souvent témoin des maux insensés de la dictature de l'affect chez l'homme. et par fidélité à cette conception de la pensée humaine, je me trouve actuellement questionner la condition du "comprendre". en effet, si une pantère esclave de ses passions dicte à ses semblables une conclusion qui fait suite à une expérience - d'autant moins mesurée - et qu'elle impose de fait déraisonnablement, je me dois de le contester; du moins, de poser le problème - au sens mathématique - autrement: strictement, le jugement de l'individu convaincu qu'il emet suite à un raisonnement basé sur l'émotion, et dans un cadre subjectif est faussé; je ne peux donc m'y fier, et me dois aussi de le réfuter entièrement. je me demande si ce n'est pas à l'inverse un individu extérieur à un phénomène qui est plus apte à le "comprendre", à assimiler sa nature ses raisons et ses effets. maintenant, affirmer sans réserves qu'un quelconque être qui n'est pas concerné par une situation sociale quelle qu'elle soit la "comprend" mieux qu'un autre quelconque individu qui lui la subit subjectivement - qui la "vit" dirons-nous - serait une grossière erreur que je ne commetrais pas. je ne fais que supposer que certains qui ne vivent pas une situation auront une approche intellectuelle plus juste que tous ceux qui y prennent part malgrès eux, et qui ont mentalement plus à gagner en affirmant être naturellement apte à "comprendre", faute de ne pouvoir maîtriser.
j'y pensais seul, sans nul contexte à considérer, puis je m'y suis retrouvé en suivant les affirmations de Simone. et là, j'en suis conscient - convaincu.