Elles l'Ignorent- 2/05/09

 

Elles l'ignorent. Elles ne savent pas, nos pensées, nos plans, nos envies; ceux qu'elles provoquent en nous elles l'ignorent. Elles ignorent leurs effets, leurs méfaits, les traits qui se forment en leur présence, d'abord, en leur absence par suite. Elles ne savent pas, parce qu'elles ne le pratiquent, point. Celà est aussi simple. Nous, nous agissons. Nous ne prenons pas le temps, ne fournissons pas l'effort - pour la plupart - de nous demander pourquoi; le pourquoi, qui nous fait ainsi chasser. Elles ignorent mais sont aisément satisfaites de nos machines, de nos agissements humains et simplistes qui sans critiques font d'elles les épouses des Hommes, et des femmes enfin. Elles l'ignorent et ne peuvent point immaginer, que nos plans pour majorité sont vite avortés car incapables de nous laisser aborder avec des mots et leurs formes, les filles érrantes pleines de sourire et de volupté. Et Elle l'ignore. Elle pense passer, du "bon temps". Passer du temps, passer le sien, s'amuser avec les siens, autres chasseurs discrets, timides mais fins qui l'accompagnent en perdant leur licence et leur effet, et les siennes, entre-autres nouvelles proies ignorantes ainsi bénites qui se suffisent à consommer nos présents intentionnés qu'en soit elles ne méritent, point, enfin presque, puisqu'elles l'ignorent. Elle, elle m'ignore. Baigné par un vent timide de soirée, balancé sous les sons, voix et cordes des noirs à ma gauche - assurant au mieux leur situation - et entouré de verdure populaire alors intéressante, elle est une parmi ses autres, ses identiques filles légères mais belles, buvant simplement sur un fond de guitare qui rythme mon stylo. Mais cette plume, moderne certe mais présente et heureusement sublimée, elle l'ignore. Pourtant, elle va s'éterniser, la fille en a vidé, des encriers, des meurtriers, des bourses en tout sens dans cette Histoire d'Auteurs. Mais déjà, elle l'ignorait. Elle ne sait pas que je l'ai pensée, dépensée orchestrée cette rencontre aujourd'hui fortuite alors stérile. Elle ignore que j'ai observé son sourire, que je l'ai sublimé ce sourire animant les journées d'un être souffrant de sa conscience; que ma sensible nature a dû dépasser cet esprit trop présent pour ne serait-ce que concevoir un quelconque échange verbal. Elle l'ignore, parce qu'elle l'ignorent toujours. A force de se laisser porter par son Homme, elle s'est faite accéssoire. Et c'est ainsi fait.

Nicolas LaCARrA