je me tord, je veille je me mens et je ne dors pas. chaque réveil est source d'espoir, d'ambition pour un auteur-né, un magicien qui doit respirer au jour pour exposer ses tours. alors, la lumière doit eclairer mes affects et mon corps, assez pour emporter mon envie. le temps, l'heure, le lieu, ça ne compte pas dans mon absolu, enfin ma pensée - moi; mais j'en dépends, et je tiens à ces marques lisses, bien connues, bien que je veuille m'en libérer. enchaîné je suis, par cette tendance. car par ma faute, assumée, sur laquelle j'insiste ne pouvant l'altérer, je me prépare chaque journée, dès que ma raison relâche ses efforts consentis, et que je cède tout entier à ma passion de l'agissement, ma volonté d'exister; je me prépare donc, sans réel but, et je lance comme une naissance nouvelle l'animation de mon être, prêt à rester ce jour encore l'exception des pantères que je glorifie, en gestes et en quelques mots parfois. la nuit tombée, rien ne s'arrête. enfermé volontiers, le processus s'accentue, retournant les vicères de mon crâne de plus en plus intensément à force que mon corps s'écroule, que le sommeil pèse sur mon espoir de peindre, de me saigner; d'aimer m'approcher plus vite de ma mort, ma liberté, par ce qui me domine et qui nous dépasse tous, petits bonhommes animés par toutes formes de faims: l'art, que nous pouvons au mieux servir. mais durant cet instant, ce numéro que je subis trente fois par mois, durant ces longues heures qui pressent mon sang dans mes veines qui le contiennent encore, je n'aurai rien fait. rien vu, dit ni pensé qui me satisfasse du moins. plus le temps passe et plus je veux faire et je souffre et plus je veux faire plus le temps passe et plus je souffre alors, je me crois mourrir, vraiment, disparaître et me noyer parmis elles; associer mon nouveau rugissement au son unanime de la foule, de la savane qui ne donne à autre qu'à elle-même... peu suffit desormais à satisfaire ma passion, et l'intense néant qui me met en scène chaque jour se joue de moi. pourtant, je suis bien auteur. il est bon pour moi de n'être point satisfait de ma rigueur; aussi devrait-elle exister.
Seul Mais Deux, Le Chemin de Pastina, Cohabitation, The Guy, Calme, Dato, Vaincre Au-Delà des Plaies, Le Meurtre de l'Homme.
le reste à venir.