et tout s'inverse - 13/04/10

 

et tout s'inverse. alors passé dans l'autre monde, celui des idées et de leur sens, les pantères ne meurent pas. alors qu'elles sont déjà éteintes dans le monde des hommes, et le Milka infini, ailleurs lorsqu'on l'enterre elles restent debout. les auteurs sont seuls, toujours. et quand ils se figent ils ornent bien les lieux qui s'offrent à eux. ils sont seuls; marchant dans la ruelle, écoutant des mots dans une taverne, assis sur la roche-même. en ce temps ils ne vivent pas, car les autres qui vivent meurent, aussitôt. immortels, tout-puissants sont les artistes pauvres et invisibles dans le monde des hommes; les animaux qui pourrissent peu à peu prenant le temps inconscient de se faire subsister. en haut, ailleurs, à côté, les uns sont enfouis et s'asphyxient volontiers, satisfaits; les autres envient le sort des mis à mort, regrettent de ne pouvoir éteindre la matrice puérile qui les anime, leur affectant un rôle. tout est inversé. alors qu'ici- là - le temps se fait long, au cimetière il n'est pas, et les dunes sans couleur ne laissent aucun écho perpétuer les rugissements des bêtes.

 

Juste vision des lieux du Carnaval, à Ousbek les Pins.

Nicolas LaCARrA