Les Formes - 6/01/09

 

Et il y a les formes. Elles sont nombreuses, comme nos talents, comme leurs vices, nos instincts... La forme, la première, la plus belle: la pensée. C'est immaginer qui offre l'art; c'est réfléchir qui propose notre perte, notre - nos raisons, notre reflexion: la philosophie. Ne sachant moi-même quelle honnête posture adopter face à cette singulière opposition, à ce débat que nous n'osons même pas intenter je me suffirais à énumérer ces formes, ces façons de distribuer le beau, le bon, ne - notre génie: la pensée demande la base - la tête bien faite - mais elle exige le temps, et impose la fatigue. Je pense et j'ecris du film, du texte du dialogue, de la matière à tourner à rendre à composer le sens de mon rôle premier, car c'est en lui que je crois le plus, pour bien des raisons... Je pense, il pense et je peux écrire au "moi", à la personne qui insulte l'intelligence car c'est en son absence - celle du "je" - que nous pouvons enfin caresser les faits, traiter les Hommes et leurs manières, bref, écrire. Nous pensons rions tombons et alors nous écrivons l'Humour, nous fabriquons la hauteur de nos rires, la méprise de leurs sourires; enfin nous pratiquons notre nature notre don qui ne vaut rien sans son nom et qu'alors nous ignorons, faiblement, retrouvé seul et vide sur le papier que constitue cette page, déjà tournée... Et nous pensons, seuls ensembles mais à deux. Nous pensons, traitons, rendons compte de nos souffrances, de ces esprits forts qui pensent, qui subissent l'autre qui porte bien son nom. Sans l'accepter nous comprenons l'Homme que malgrès nous nous sommes, celui dont les traits résonnent, tant, tant il ne résonne plus.

- C'est exagéré -

A nous de restituer nos oeuvres si complexes au sein de leur contexte afin de leur redonner vie et nous raison, et d'admirer - nous le ferons - les talents dont nous sommes les auteurs, bien que parfois ils nous fassent peur. C'est vrai, entre eux, ce n'est pas simple.

Bien. Il y a les formes. Il y a le cinéma. Il y a l'Humour. Il y a l'écrit, et il y a le pensé.

 

Nicolas LaCARrA