Les Hommes ne Pensent Pas - 26/01/10

 

c'est se méprendre que d'affirmer que l'on pense. l'homme pense; par opposition aux autres animaux, êtres vivants sur cette Terre qui ne pensent pas. "Si le chat pensait, nous serions perdus." non. si le chat pensait il se tuerait, s'accablerait, s'offrirait, mais ne nous nuirait pas d'un degrès conséquent. Le chat ne pense pas. certe, ledébat est là: nous ne pensons pas. certains, peu, rares et désavoués individus du peuple de la Pantère pensent. ils s'y prêtent de temps à autres. les hommes, réfléchissent, les hommes travaillent, mais les hommes ne pensent pas. tout comme les autres, nous nous suffisons à nos instincts et à nos tâches nécessaire, soit recquises par nos institutions, nos lois nos droits: notre civilisation. ce n'est pas parce qu'il pensait que l'homme a bâti un monde en peu de temps, mais parce qu'il en était capable. un chat, quelconque ou choisi, ne sera jamais capable de bâtir, de construire, d'inventer; il ne peut que survivre et agir en ce sens. il dort, il se reproduit. si tous les hommes participent au progrès et à l'entretien de la civilisation qui les protège c'est parce qu'ils en ont la chance, la capacité; par opposition à ceux - autres de la même espèce cette fois - qui théorisent, qui créent, qui immaginnent innovent installe leur pensée et qui le font pour la même raison. ils le peuvent. ainsi, le premier constat de l'homme qui pense est que l'homme ne pense pas. il est seul, il voudrait consacrer sa chance à d'autres espaces, d'autres temps de nouvelles ères, mais il se touve enchaîné dans la pratique de son regard puissant, juge, et toujours assomé par les attitudes des autres, qu'il exclu pour sa survie qui ne pensent pas, et qui partagent et élèvent entre eux la croyance infondée qu'ils en sont tous capables. alors je m'avance plein d'entrain, de passion et d'envie d'en découdre avec la bête, la pantère qui rugit à chaque rire, sourire, chaque pas chaque parole et tous ces affreux symptômes de son absence. je cours, saute dans cette jungle de plantes âgées bien plantées et incapables; dans ce troupeau qui m'est hostile mais qui m'ignore car il ne pense pas mon existance. après mes oeuvres, mes frasques qu'ils méprennent, je resterai pour eux un qui ne comprends pas, qui refuse les codes les langues des idiots qu'ils ne savent pas être; jamais ils ne se pencheront avec pertinance sur les traits de mes actes, mes intentions, parce qu'ils n'en sont pas capables. je pense alors je suis, la meute; je pleure, éloigné en les voyants rugir et appeller longtemps. je comprends, ils ne pensent pas. ils ne se doutent pas que le mensonge est un art vicieux et precieux, mais sincère, qu'ils peuvent pratiquer eux-aussi, n'en tirant autre indigne profit que la satisfaction du fait de le comprendre, et de se fier à sa raison. voilà aussi que je marche et je me jette dans la bassesse des travaux filmés de ces petits, jamais capables de cesser et de voir, l'immensité et la beauté de l'art. je plonge, la tête baissée et les bras noués dans le dos, dans la merde erreur des hommes qu'ils se plaisent à apprécier; ils n'apprécient pas ce qui leur plait. ils ne savent apprécier le gôut, pur, tendre et vilain de ces efforts, lents ouvrages d'auteurs qu'ils ne comprennent pas. il faut du temps pour l'art; il en a fallu pour chacun et je me donne, m'offre à l'abnégation des actuels, pour celui-là. les hommes ne pensent pas, mais ils vivent; ils concoivent que celà leur est vital, et que rien pour eux ne sera plus délicieux que d'oublier que, peut-être par instants impossibles, ils ne comprennent pas un sort. car de ces sorts, je sais le mien; j'en sais d'autres et je les comprends. je pense, je suis - le peuple - et je comprends. je comprends tout.

 

Nicolas LaCARrA