je pense donc je ne suis pas plus qu'un autre. parce qu'être signifie exister; une chose existe lorsque son existance est témoignée par tous et chacun. un monument est, lorsqu'on le voit, l'observe. un homme est si on le rencontre, le comprends un temps soit peu. le monde est parce qu'on le subit, le perpétue; la mort parce qu'on l'attend. si je pense, je ne suis pas plus pour les témoins, mes autres que si je ne pense pas. c'est à travers d'autres phénomènes, activités materielles ou de l'ordre de l'intellect - de l'idée - que l'on peut éventuellement exister partout, être pour tous. je pense, mais je ne suis pas, afin d'exister, mais je suis bien le sens de mon espèce, mon rang, ma caste. d'autre part, une chose peut bien être sans penser; une chose en soi ou une personne. on voit bien, chez la plupart des auteurs, l'absence de réflexion, l'inconscience qu'ils expriment et leur génie pourtant. l'artiste imbécile lorsque doué persiste alors dans la considération des autres, les siens, sans penser. il existe, son oeuvre est; il est plus qu'un autre. si je pense donc je suis, alors je ne suis que pour moi-même, comme l'inconnu est pour lui quelqu'un sans pour autant le penser. seule la conscience de soi dépend d'un questionnement tel que celui-là, et savoir que l'on est pour nous-mêmes, ces mêmes identités, ne fait pas de nous des êtres, mais rester des inconnus; simples numéros sans ordre ni raison. je pense donc je ne suis pas encore, ou je pense donc je suis pour moi-même. celà ne suffit pas.