Rechercher le Bonheur - 4/09/09

 

On est sensé rechercer le bonheur. Un bonheur. Un bonheur que l'on se promet sans pourtant le connaître. On vit et on se vide, se malmène à la poursuite d'un état qu'on ne connait pas. On se vend - on nous vend - ce bonheur comme une chose que l'on reconnaîtra. Nous reconnaîtrons le bonheur, que lorsque nous serons parmi lui, en lui, quand nous le toucherons. Quelle aubaine! Seul moyen d'envoyer un être perrir sans effort. En fin de compte, nous ne le reconnaissons pas, nous ne le reconnaisson jamais. Nous ne le sommes pas. Pas heureux. L'on dit également qu'on ne comprend le bonheur qu'après l'avoir vécu. Les femmes touchent le bonheur; encore le faudrait-il certain, certain et précisément celui qui nous est si honteusement promis. Les hommes parcourent des vifs instants de calme, ou, heureux en un sens - le plus étroit - ils ne sont en somme que moins triste et las que le reste de leur temps. Les hommes ne sont pas heureux, ils ne sont jamais maîtres de leur état, jamais parcourus par un bonheur unanime et absolu. Celui-ci n'est pas. Nous nous rassuronspour ne pas y penser; ne pas réaliser qu'au mieux nous nous verrons sourire des jours et comprendre que ce fut en vain. Nous ne connaîtrons pas un bonheur fictif - en premier lieu - que nous ne connaissons pas. C'est en fin de tristesse et d'ennuie qu'est fait le véritable état propre à l'homme, celui par lequel nous nous devons de mesurer nos tensions, de peser nos passions et accabler nos raisons: le Malheur.

Je suis malheureux, et je suis satistait.

Nicolas LaCARrA