Nous Tenir aux Mots - 6/05/09

 

Parce que nous devons nous en tenir aux Mots. Un à un nous paraissons dans un Empire déjà fondé, bâti sur le langage qui a permis à nos pères de communiquer; langage alors déjà posé par leurs pères qui dûrent bien le penser. Ainsi, dans tout domaine nous ne pouvons que nous en tenir aux mots, soit user ces termes définis par la nécéssité-même. Quoi qu'on puisse y opposer que dans certaines sociétés, les sens et les nombres varient, certains êtres, qui eux ne peuvent se suffire à prononcer ces mots souvent gênants et imprécis par lesquels ils ne peuvent exprimer leur pensée, s'exercent et s'efforcent bien malgrès leur libre arbitre à violer ces termes pour en extirper le complexe. Faire trembler l'équilibre niais et mal pensé des mots; les faire douter d'eux-mêmes pour mieux donner leur raison d'homme mourrant libreà tous ceux déjà effacés. Et leur propos est rustre, pointu, parfois nuisible à l'humanité des autres, fébriles esprits heureux des Mots qu'on leur a donné. En tous points leurs propos lassent, ils fatiguent et n'intéressent peu. Et, attendant l'épreuve du temps qui les délivrera de leur sort, ces êtres ces penseurs, ces partisants de la fin ne peuvent que jouer, passivement avec les mots, parce que nous devons attivement nous y tenir, afin de se laisser crument pourrir, ou plus aisément éprouver notre survie - triste moment équivalent de l'existance des Pantères qui ne lèvent point les yeux de peur d'en prendre conscience.

- Je ne peux pas me laisser dire "Film". Je ne suis point auteur de Cinéma; pourtant, mon oeuvre en a l'apparence, la forme mais pas la fonction. Un "Film", le Cinéma, tout celà s'est bien illustré en son temps passé derrière moi, me laissant frustré devant l'évidence mesurée de sa profonde transparance. "Littérature"... grand mot: onze lettres. Je ne peux même point les qualifier d'"écrivains". Bien des hommes à travers notre Histoire ont oeuvré à transposer la pensée - pour partie, bien-heureusement, réelle - et la reflexion en contexte sur les pages de livres - qualificatif en tant qu'objet - que l'on me défend d'assimiler à la Littérature. Pourtant, leurs travaux ont la forme, la consistance et encore non la fonction d'un livre produit "littéraire". On admettra le problème équivalent sur fond de jugement Artistique: la philosophie, le film documentaire ne sont-ils pas oeuvre d'Art? Réponse: Négatif. Ce n'est pas ce que je souhaite, mais en effet ce que je constate. Je me dois, face à cette incohérence d'intellectuels abusés, de me tourner vers une de mes résolutions d'homme parmi les autres: leur point commun étant par définition d'être tous "Auteurs" différenciés de leurs "produits" - oeuvre ou travaux, là encore subsiste ce défaut - je devrais me définir ainsi, et effectuer cette tâche pour tout autre penseur ou artiste de rue. M'y associer est à mes yeux un honneur toutefois mesuré, bien que cette considération reste relative. Pour mon Art, je devrais décider, de me taire avec raison ou de poser ma réflexion, qui devra, je lui souhaite de vaincre, combattre l'épreuve du temps à laquelle elle se soumet naturellement. -

Ma personne, être parmi les Autres ou Autre parmi certains, ne peut à son tour résolu que jouer, passivement avec les mots, parce que nous devons nous y tenir. Nous tenir aux Mots.

Nicolas LaCARrA